Vos témoignages...


Ecrire un message


Messages : 91 à 100
Page : 10
Nombre de messages : 125
 
le 19/09/2006 à 14:54

Même si on était lyonnais tous les deux, c'est surtout par la montagne, qu'on s'est connus.
Pas facile de trouver quelqu'un sur qui on peut compter, fiable, qui nous supporte et qu'on soit capable de supporter dans des situations parfois délicates. Tu étais de ceux-là. Je savais juste de toi qu'en rentrant de Cham avec Clément tu t'étais retrouvé en direction de Paris. Ca ne présageait rien de bon. En fait, il faillait te voir sur le terrain pour voir de quoi tu étais capable, dans un mélange d'humour, d'extravagance mais en même temps de sérieux et de rigueur quand il était question de se lancer dans une course.
On a fait les choses progressivement : d'abord de petites cascades, et puis des courses de plus en plus réputées. Je n'ai pas retrouvé de photos de notre cordée "éclair" : on allait trop vite.
Tu vivais à 200 à l'heure, comme une étoile filante, tu as brillé très fort, et tu t'es éteint d'un seul coup, sans prévenir. Tu avais tant de projets…
Maintenant que tu es parti, je réalise que c'est avec toi que j'ai fait les plus belles courses. Quand j'avais un projet, c'est à toi que je pensais, parce que tu étais un "grand" alpiniste. Sans toi la montagne sera différente.
Pour l'instant elle a un goût amer.
De là haut, je suis que tu veux nous dire de ne pas se décourager, que la meilleure façon de te rendre hommage, c'est que chacun de nous, qui t'aimions, gardions un petit bout de ton amour de la vie.
 
le 19/09/2006 à 13:33

Adrien en bottes
Ah ça c'est Adrien tout craché, rien de tel qu'un peu de déconne pour motiver les troupes et partir faire une cascade dans la bonne humeur, même à 6h du matin par -20°C.
De toute façon la montagne en hiver, si c en'était pas nous qui la rendions chaleureuse, c'est lui par ses blagues et ses anecdotes qui réchauffait le cœur.
Ca a toujours été un vrai plaisir de partir avec Adrien en escapade, car on savait qu'on allait passer un bon moment. La montagne était devenue une excuse pour être ensemble et s'amuser.
Je me rappelle le jour où je l'ai rencontré, j'avais l'impression qu'il sortait d'une autre planète, lplanète "Barjot-Grimpe-Bonnebouffe". Mais en fait il était comme nous, jamais à se prendre au sérieux, toujours à profiter du moment et de notre compagnie.
EN bref, on me demande : "c'est qui Adrien?" et bien moi, je leur réponds ; "en montagne c'est un guerrier, en escalade un géant, au resto un ogre, sur l'autoroute un pirate, avec nous simplement un ami".
Deg ton pote de cordée pour qui j'aurais voulu soulever des montagnes
ontagnes
 
le 19/09/2006 à 13:25

Mon ami, mon compagnon de cordée, c'était toujours un plaisir de partir avec toi. Ton énergie, ta vivacité, ta gaité m'on fait vivre de très bons moments.
Je me souviendrais toujours de ces vacances en Suisse avec Fafa, on avait marché plus de 3h pour aller cette grande voie au Signal. Autant dire que si tu ne m'avais pas motivé je ne serais jamais monté.
Puis ensuite dans le RatiKön, tu nous as donné des leçons d'escalade, où je tirais à toutes les dégaines, à toutes les longueurs en dalles.
Adrien, tu avais la capacité de tirer les gens vers les étoiles. Merci d'avoir croisé ma route et de m'avoir fait passer tant de moments inoubliables.
 
le 19/09/2006 à 10:53

Adrien en bottes
Adri!
Cette photo pour moi, c'est tout toi. Un condensé de souvenirs...
-Déjà le sourire mutin et le regard malin.
Qu'est ce que j'ai pu craquer pour ces deux là! T'en usais et en abusais, c'est pas juste!
Quand tu revenais des cours à Trondheim avec ce sourire charmeur et deux Wienerbrod encore chauds... alors que t'avais oublié ton portefeuille à l'appart!
-Tes bras dont je me moquais car je les trouvais trop maigres, ton bronzage super sexy et tes grosses paluches... J'en ai passé des heures de bonheur et de plaisir dans ces bras!
-Et surtout tes cuisses de tueur-né! Des cuisses de tueurs de dénivelé. Et moi et moi et moi... loin, très loin derrière! Deux centimètres de tour de cuisse de plus que moi (j'exagère à peine!) mais 200 m dans le vent tous les 100 ! Qu'est-ce que j'ai pu râler à essayer de suivre tes grandes enjambées dans cette p... de neige que tu trouvais toujours trop molle, trop dure trop galère, trop froide, trop légère... Mais j'ai découvert ton secret! Et cette photo en est la preuve irréfutable, tu avais des bottes de 1000 lieues.
Qu'est-ce que j'aurais pu faire? Je comprends mieux pourquoi tu m'avais annoncé 3h30 de marche d'approche pour la face nord du Pic Sans Nom, et que nous avons mis... 6h... plus une pour chercher le bivouac et ne pas le trouver...
plus 1 h encore pour déménager notre joli nid d'amour sur le glacier noir qu'on avait mis une heure à entourer de murets pour se protéger du vent! Et ouais, un glacier quand ça gronde, ça fait bizarre! Hé, hé... Mais qu'est-ce qu'on avait bien dormi finalement sur ce coin de glace bleue en pente avec des rigoles et des cailloux pointus.
-Ensuite cette photo, je l'aime aussi parce que c'est chez moi et parce que c'est une preuve qu'effectivement on y allait quad même! Je sais Baume-les-Dames, c'est loin, il n'y fait pas toujours beau (comment ça, c'est un euphémisme?!) et tout et tout... Sans rancune!
-Et puis ce petit sourire malicieux, c'est aussi parce que tu as aux pieds des chaussures flambant neuves de star (-25°C s'il vous plait parce que Monsieur a les pieds sensibles depuis le Grand Pilier d'Angle...)! Et ce qui te fait vraiment marrer c'est que tu les a payées 2 fois rien au lieu de 3x sans avoir bouger le moindre petit doigt... Le vendeur s'était trompé dans l'étiquette... La vie est belle!
-Ce qui me plaisait aussi chez toi, c'est le coté sur de toi... 1m93 de confiance, bras sereinement sur les hanches? On se complétait bien!
-Cette photo, c'est tout ça et tellement d'autres souvenirs, plus ou moins bons mais toujours géniaux.
-Adrien, tu as été et resteras celui que j'ai aimé, pour ton sourire, ta malice, ton dynamisme, ton aura, ton intelligence, ta gentillesse, tes câlins, ta carrure, ton indépendance, ta spontanéité, ton corps, ta facilité en tout... Et pour tout le reste!
My Bjorg, mille câlins pour mille mercis.
Marmotte.
   
le 12/09/2006 à 18:46

le 3 août 2006

Mon grand, mon chéri, t'es où?
Je t'ai vu aujourd'hui le 3 août de 2006, froid, gelé et si beau.
Tu nous as laissés ici avec un grand trou dans le ventre.
La vie continue sans toi
Et ton sourire va me manquer.

Tu avais un manque,
Une recherche perpétuelle et insatiable qui te poussait à aller plus haut, plus loin,
Tu t’es brûlé les ailes.

Tu nous aimais, je le sais,
Mais tu voulais autre chose,
Tu voulais bouffer la vie.

Tu nous aimais mais à ta manière
Tu avais coupé les ponts et c’est normal,
Tu regardais ailleurs,
Ta gentillesse te faisait appeler ta mère pour tarir ses innquiétudes.
Moi, je ne voulais pas vivre dans l’inquiétude.
J’avais fait mon deuil de ta compagnie.

Comme nous t’avons aimé, mon bébé,
Comme tu nous as apporté du bonheur et pour cela merci à tout jamais
Malgré le coup de couteau dans le cœur.

Je t’en ai voulu hier, je t’ai maudit dans ma douleur.
Maintenant, je vais chercher la paix et te pardonner et nous allons t’aimer.
J’accepte avec la raison mais les tripes se nouent.

Tu n’étais pas à nous, mon chéri,
Nous t’avons élevé pour toi pour que tu aies ta vie.
Tu as pris la vie et tu n’as pas su la déguster,
Tu n’as pas su la patience et le bonheur simple.

Tous les trois, nous allons vieillir, nous allons mourir.
Tu ne vas pas vieillir, mon amour de Globulon,
Tu vas rester l’Adrien d’aujourd’hui toute ta vie dans nos cœurs.
Et puis nous allons mourir, et ton souvenir va s’effacer comme toute l’inanité humaine sur cette terre.

Je t’aime mon chéri, tu le savais.
Tous ces moments de bonheur qu’on a eu à trois et après avec ton frère,
Pour tout ça, merci la vie.

La camarde t’a pris, mon Globulon.
Plus jamais te serrer dans mes bras comme quand tu es revenu de Norvège.
Je pense que là tu étais différent d’avant.
Des chagrins amoureux et la certitude de ton havre de sérénité et d’amour, ici, auprès de nous trois.

Tu es froid maintenant aujourd’hui, comme mon cœur, et tout ce vide que tu me laisses.
Tu nous entends d’où tu es ?
Tu sens cette douleur infinie qui nous glace les os.

Adrien, Adrien, Adrien… Tu nous as fait le plus sale coup que tu pouvais, et le pire, tu l’as fait à toi.

Je t’aime mon chéri pour toujours, et un jour nous serons avec toi, ta mère et moi dans l’éternité de l’univers.
Tu es déjà en nous et pour toujours avec notre amour pour cocon et pour te dorloter.

Tu n’as pas froid dans nos cœurs comme tu as eu si froid là-haut.
Nous t’aimons et notre chaleur t’entoure,
Je t’entends mon chéri, j’entends ta voix dans moi, et je suis bien avec toi.

Je t’aime et tu es là mon chéri, je le sens.
 
le 05/09/2006 à 22:21

Texte lu par Aline aux obsèques

Comment décrire cette impression de vide immense, cette sensation d'inachevé, cet océan d'impuissance qui s'abat sur nous tous aujourd'hui?
Comment ne pas hurler de colère face à cette mort injuste qui me prive de tant de choses à la fois?
Comment retrouver sourire et joie de vivre alors que celui que l'on aime s'éteint?
Comment...?

En utilisant toute la puissance de ce désespoir pour graver dans ma mémoire un an et demi de souvenirs.
Notre histoire, c'était comme cette arête interminable. Une envolée magnifique vers les étoiles. Mais tous les deux on n'aimait pas la facilité, la ligne droite, les raccourcis. Il nous fallait de l'enjeu, de la difficulté pour se sentir vivre. Notre amour n'était pas de ces voies normales que tout le monde parcourt comme on prend l'autoroute. Il était fait de pics et de sommets mais aussi de cols et de canyons. Nous avons du grimper et s'accrocher pour vivre nos rêves. Et nous en avons vécu tellement que ça en valait la peine.
[...]

Tu courais après le plaisir et le bonheur comme d'autres après la ligne tracée de leur vie. Et tu réussissais tout. Tu paraissais invicible mais face à la montagne, je savais que nous n'étions rien.
Elle était ta vie, alors, petite fourmi tétue, je reprendrai l'ascension seule, avec, dans mon coeur, gravée à jamais, ta voix qui me dira toujours, comme avant : « allez mon gros saucisson, debout! »
Y'a plein de gens à soutenir maintenant notamment Fred, Manu, Axel, Jean-Luc et Monique.

Tchao mon ours.
 
le 04/09/2006 à 08:35

Texte lu aux obsèques par JB

Je ne trouve pas de mots. Tous inutiles. Tout comme les larmes que je pourrais verser, mais qui ne viennent pas. Peut-être parce que la vérité ne m’est pas encore apparue dans toute sa crudité.
On est tous là, abasourdis. Parfois, les conversations s’interrompent, le silence s’installe, les uns regardent leurs pieds, les autres dans le vague à l’horizon. Chacun cherche quelque chose au fond de soi, en écho à ce drame, mais ne trouve rien de plus que ce silence.
On en a fait, des courses, ensemble. En montagne, même si tu me surpassais dans certains domaines, j’avais parfois l’impression de prendre le rôle d’un grand frère, que j’endossais avec fierté, comme la marque d’une estime, et la reconnaissance de compétences que je ne prétends pourtant pas maîtriser. Sans être inconscient, tu avais la fougue de la jeunesse, une motivation et une détermination inébranlables. Notre complémentarité a fait mouche sur quelques sommets, dont il n’y a pas grand-chose à dire puisque tout s’est bien déroulé.
Pas cette fois. On s’est quittés comme si tu partais acheter le pain. Comme si cette ascension n’était qu’une formalité. Parce que je ne doutais pas de toi, Ours, solide comme un roc, jamais à se plaindre pour de petits bobos. Au pire, en cas de mauvais, je vous voyais coincés quelques jours au bivouac. De quoi égayer les conversations au retour, rien de plus. Mais ce qui t’es arrivé, même les pessimistes et les inquiets n’y auraient pas songé.
On ne va pas refaire l’histoire. Et pourtant, inlassablement, mon imagination me projette avec toi, sur cette arête que je foulais deux jours auparavant. Il y avait peut-être même encore ce petit drapeau planté au sommet.
Et j’essaye de te sauver. Le rêve s’interrompt à chaque fois trop tôt.
Tu n’es plus là et le vent continue à souffler, là-haut.
Adieu, Adrien.
 
le 02/09/2006 à 10:57

Adrien,

Les quelques moments partagés remontent à notre enfance…C’est les souvenirs que je garderais.
Puis chacun de nous a voulu tracer son chemin. Je te suivais à travers les récits de Monique. Et souvent on en riait.

Aujourd’hui, nous sommes tristes et déchirés d’avoir perdu un ‘petit-cousin’.
Ta passion t’a emmené toujours plus haut, jusqu'à te prendre. Diffuse ta force, ton dynamisme et la passion pour aider chacun d’entre nous à toujours croire en l’avenir.

Sois en Paix et Libre…nous prenons soin de Monique, Axel, Jean-luc…….et ne t’oublierons jamais p’tit-cousin.

AL & STEPH
     
Messages : 91 à 100
Page : 10
Nombre de messages : 125